25/09/2018

Écoles d’ingénieurs, bouillon d’invention

Elles forment chaque année des centaines de futurs ingénieurs. Plongée au cœur de ces écoles pas comme les autres, et rencontre avec des ingénieurs passionnés, soucieux d’apprendre et d’innover.

Avec plus de 5000 collaborateurs dans 13 pays dont 80% d’ingénieurs, Assystem est un groupe d’ingénierie indépendant, spécialisé dans la conduite de projets complexes. Ses équipes interviennent en management, conception, construction et amélioration d’infrastructures dans l’énergie (y compris le nucléaire), le transport, le bâtiment ou encore la santé. Emmanuelle Capiez, Directrice Générale en charge des Ressources Humaines du groupe, Christian Jeanneau, Senior Vice-Président en charge du nucléaire, et Najwa Zerrad, ingénieure projet et jeune diplômée, nous livrent leur vision des écoles d’ingénieurs.

Une formation pratique, adaptée aux attentes des entreprises

Si toutes les formations d’ingénieurs ont leurs spécificités, les parcours français présentent des qualités communes qui plaisent aux entreprises. Fournissant une base académique poussée les premières années, les classes préparatoires (intégrées ou non) constituent également une « première formation humaine » pour Najwa Zerrad. Les élèves y apprennent « des méthodes d’apprentissage et réflexion ». Au-delà des connaissances théoriques, « on nous apprend à travailler ensemble, à poursuivre les mêmes objectifs ». Cette formation scientifique est « nécessaire pour développer sa qualité de raisonnement, sa capacité à suivre un cheminement intellectuel et traiter un problème » selon Christian Jeanneau.

Suivent trois années de formation d’ingénieur, généraliste ou spécialisée selon les écoles. « On applique la théorie qu’on a appris sur des projets concrets. On est confronté à la réalité des choses, on s’attaque vraiment à l’industrie » explique Najwa Zerrad. Véritable préparation à la vie professionnelle, « on y apprend à poser les bonnes questions aux bonnes personnes pour s’attaquer à des problématiques complexes. Le travail en équipe est très important tout au long du cursus, tous les projets sont réalisés en groupe. »

Pour répondre à ses besoins de recrutement et rester au plus proche de la formation, Assystem entretient des relations privilégiées avec un certain nombre d’écoles d’ingénieurs. Emmanuelle Capiez explique : « Nous avons une dynamique volontariste de partenariats et de recrutement dans les écoles d’ingénieurs que nous considérons comme cibles ». Cela passe notamment par « du mécénat, la construction de projets d’innovation en commun, l’intégration aux fondations des écoles, mais aussi des interventions dans les forums, l’accompagnement et la co-construction de parcours pédagogiques à travers des chaires, le parrainage de promotions, ou encore de l’aide à la simulation d’entretiens pour les étudiants. »

Car ce sont près de 2 000 embauches que le groupe réalise par an, dont 40% de juniors. « Les élèves qui sortent des écoles d’ingénieurs sélectionnées ont une formation qui les a préparés à accompagner les enjeux industriels en connexion avec l’environnement professionnel. En effet, la formation et les stages réalisés développent les étudiants sur une approche opérationnelle et polyvalente pour intégrer un monde en pleine mutation. Elle met l’accent tant sur les compétences techniques que sur les « soft skills », combinaison indispensable pour prendre en charge et mener à bien les projets et les opportunités proposés ». Cette formation d’ingénieur facilite ainsi leur intégration et leur réussite au sein du Groupe pour Emmanuelle Capiez.

Une utilité sociétale avant tout

Routes, ponts, trains, centrales… plus que simplement industriel, le rôle de l’ingénieur est avant tout sociétal. Pour Najwa Zerrad, « ce qui anime l’ingénieur, c’est son envie d’innover et de créer pour la société. » Si le chercheur invente et développe des solutions qui fonctionnent en laboratoire, l’ingénieur applique et met ces inventions au service de la société. Christian Jeanneau le résume ainsi : « le rôle de l’ingénieur consiste à faire le lien entre toutes ces technologies qui existent et à les mettre à disposition du grand public, en un usage raisonné et utile pour la société. [Elles doivent être] fiables, sûres, écologiques et économiquement rentables. »

Car toute innovation n’est pas forcément bonne si on la considère dans son ensemble. La question se pose par exemple dans le cas de l’énergie solaire : si l’idée fondamentale ne fait pas débat, les matériaux utilisés pour la conception des panneaux solaires ainsi que l’absence de recyclage posent problème. Il reste encore un long chemin à parcourir pour parvenir à une solution durable qui puisse être déployée universellement. Pour Christian Jeanneau, c’est à l’ingénieur de prendre en compte l’ensemble des facteurs, d’apprécier les innovations en fonction de leur utilité sociétale et d’éduquer la société. « La vision à la fois humaniste et pragmatique, c’est le dénominateur commun entre tous les ingénieurs », confirme Najwa Zerrad.

Ce rôle sociétal se développe très tôt en école d’ingénieurs. « Le tissu associatif [y] est très développé » confirme Christian Jeanneau. On y apprend à « bien vivre en société ». C’est justement par la vie associative que les élèves-ingénieurs peuvent acquérir cette « composante humaine et de communication » indispensable pour la vie professionnelle. C’est à travers la junior entreprise de son école, l’organisation du forum et sa participation à une association caritative que Najwa Zerrad a pu acquérir ces compétences dites « soft » particulièrement importantes pour la suite de sa vie professionnelle. En effet, pour Najwa Zerrad, « l’ingénieur doit être humble, pour être à l’écoute et aller vers les autres. Il doit savoir être pédagogue, synthétiser et simplifier les informations » pour les rendre intelligibles. Christian Jeanneau confirme : « le rôle d’ingénieur est en interface avec la technique mais l’humain est très important aussi. »

Une formation qui évolue mais des fondamentaux qui restent

Ces dernières années, les écoles d’ingénieurs ont dû évoluer et s’adapter aux nouvelles technologies et à un monde en pleine mutation. Selon Christian Jeanneau, « la formation des ingénieurs a bien évolué, mais il y a beaucoup de constance aussi. Les fondamentaux restent les mêmes. » En fonction de leurs écoles, les élèves-ingénieurs sont formés en mécanique, en dynamique, en génie électrique ou industriel, en structure des matériaux, en mécanique des fluides, en informatique… Projets, travaux pratiques et stages apprennent aux étudiants « à appliquer ce qu’ils savent pour résoudre de nouveaux problèmes » explique Najwa Zerrad. « L’ingénieur est pragmatique, polyvalent et adaptable. Il sait évaluer les problèmes à leur juste valeur, sans oublier la composante humaine, pour inventer et créer le monde de demain. »

De plus en plus, les écoles d’ingénieurs se lient au tissu industriel qui les entoure : stages en entreprise, chaires académiques, formations en apprentissage, projets industriels… « La pénétration des entreprises dans la formation d’ingénieur est beaucoup plus importante aujourd’hui qu’à mon époque, même si elle pourrait encore augmenter » affirme Christian Jeanneau. « En école d’ingénieurs, les laboratoires se focalisent trop sur la recherche fondamentale, il manque encore l’aspect innovation industrielle. Les écoles doivent développer leur compréhension des besoins des entreprises et de la société ». Najwa Zerrad complète : « Les formations se concentrent principalement sur l’approche scientifique. Mais pour mieux répondre aux besoins de l’entreprise, il faudrait qu’elles donnent plus d’importance à la composante économique du monde industriel. » Pour cette jeune diplômée, la force des grands projets consiste à confronter l’approche scientifique avec la vision stratégique, et d’inclure les ingénieurs au niveau décisionnaire.

L’aspect international se développe également dans les écoles d’ingénieurs. Aujourd’hui, une majorité d’élèves-ingénieurs réalise au moins une expérience à l’étranger, qu’il s’agisse d’un stage, d’un échange universitaire ou d’un double diplôme. De nombreux étudiants et professeurs étrangers sont accueillis au sein des établissements. Et la maîtrise de l’anglais est devenu obligatoire pour l’obtention du diplôme d’ingénieur. Cette ouverture à l’international est fondamentale aux yeux de Najwa Zerrad. Pour répondre aux enjeux de notre société, les ingénieurs doivent « avoir une vision stratégique globale du monde dans lequel ils travaillent. » « Les échanges universitaires permettent également de découvrir des méthodes de travail différentes, des manières de réfléchir déconnectées des méthodes françaises. » Dans un monde ultra-mondialisé, impossible d’envisager sa formation et sa carrière sans traverser les frontières.

L’école d’ingénieurs, une réponse aux enjeux de demain

Pour Christian Jeanneau, le rôle de l’ingénieur est primordial pour notre monde de demain « tiré par l’économie, où l’on assiste à un foisonnement des innovations technologiques, avec des ruptures technologiques et des connaissances qui s’accélèrent. L’éthique de la pensée de l’ingénieur y est indispensable pour débattre et discuter des problématiques environnementales, agroalimentaires, génétiques, … »

Et de conclure : « Les citoyens sont submergés par ces technologies et ont du mal à prendre du recul. Le rôle de l’ingénieur est très important pour faire le lien entre la société et le monde de l’innovation. Pour transformer de manière raisonnable les innovations, avec un rôle de filtre. »

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Publié par :
Assystem
co-écrit par Christian Jeanneau, SVP Nucléaire, Emmanuelle Capiez, SVP Ressources Humaines et Najwa Zerrad, Ingénieure Projet

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