19/11/2018

Le bâtiment intelligent : une histoire d’ingénierie

Tandis que les villes deviennent smart pour accueillir des populations toujours plus nombreuses tout en luttant contre le changement climatique, les bâtiments eux aussi doivent s’adapter. Avec la gestion centralisée et les outils d’hypervision, la conception comme l’exploitation du bâti sont aujourd’hui révolutionnées pour offrir efficacité, confort et sécurité. Tout comme les métiers d’ingénierie associés qui participent à la mise en œuvre de l’intelligence dans le bâtiment. Explications.

 

La construction urbaine évolue et celle des bâtiments avec. Car ils doivent répondre à trois enjeux majeurs : être conçus et aménagés pour améliorer le bien-être des résidents et des employés d’abord. Être façonnés et pilotés de manière à limiter leur consommation d’énergie et, enfin, répondre aux attentes de sécurité physique et digitale de notre époque. Autant d’exigences qui conduisent à bâtir, petit à petit, des smart cities.

Si l’ingénierie n’apporte pas de réponse directe au premier enjeu, elle regorge de talents et d’outils pour solutionner les deux autres.

Efficacité et sécurité, ou l’art du pilotage supervisé

Dès les phases de construction, les ingénieurs vont mettre en place une gestion technique centralisée des bâtiments (GTC).  Cela demande une phase d’audit pour savoir où installer capteurs, caméras et autres automates afin de permettre, in fine, au gestionnaire d’avoir une vue globale du fonctionnement d’un bâtiment. Après quoi, il faut concevoir et réaliser des plateformes de surpervision ou d’hypervision. Telles des tours de contrôle, elles permettront de piloter avec finesse et agilité le bâtiment dans sa phase d’exploitation.

À cet égard, les ingénieurs d’Assystem bénéficient d’une grande expérience. Comme dans les centrales nucléaires, ils sont en mesure d’animer des salles de contrôle pour piloter de manière très précise un immeuble et capitaliser sur les données collectées pour le rendre toujours plus efficace.

Chaque capteur, chaque automate, va donc permettre de gérer intelligemment des équipements comme la climatisation, le chauffage, les stores ou l’éclairage. Ils sont des vecteurs de collecte de données qui alarmeront sur le fonctionnement anormal d’un équipement, une panne ou la température d’un espace. Ce qui s’avère précieux pour optimiser la consommation d’un bâtiment et réduire sa facture énergétique.

Cette prestation d’ingénierie rend donc le bâtiment plus performant sur le plan opérationnel et financier, mais aussi sur le plan sécuritaire. Capteurs et caméras vont ainsi permettre de gérer le contrôle d’accès du bâtiment et d’en assurer la surveillance. Un atout que l’on ne saurait éluder au regard de l’actualité.

Intelligence = approche globale

Si les nouvelles technologies sont des outils au service de l’intelligence du bâtiment, en lui permettant de communiquer notamment, elles nécessitent pour être réellement utiles une approche globale.

L’offre d’ingénierie doit donc regrouper l’expertise et l’intervention des ingénieurs depuis les phases de design d’un bâtiment jusqu’à son exploitation et à la maintenance de ses installations. Elle s’appuie sur des systèmes de GTC qui sont l’épine dorsale et le cerveau de la gestion intelligente du bâti au service de la performance énergétique mais aussi des enjeux sécuritaires. Elle implique une réflexion amont très poussée en matière d’usages futurs du bâti et de ses espaces, et en fonction des publics qui y seront accueillis.

À cet égard, rappelons que l’intelligence s’intègre aujourd’hui aux bâtiments standards, les immeubles de bureaux par exemple, mais aussi aux Opérateurs d’Importance Vitale (OIV), espaces où les attentes sécuritaires sont particulièrement élevées. En France, on répertorie environ 250 bâtiments de ce type. Dans ces lieux, le déploiement de solutions de sécurité demande donc de visualiser les flux entrants et sortants, les circulations dans chaque espace, dès la phase de design. Faut-il sécuriser toutes les salles ? Les ascenseurs ? Certaines zones, comme le lobby, sont-elles plus propices à des attaques et doivent-elles faire l’objet d’un aménagement particulier ? D’autres seront-elles réservées à certains publics et nécessiteront-elles des systèmes d’identification à l’entrée ? Des questions auxquelles les ingénieurs contribuent à répondre.

Pour avoir une idée de ce que représente l’ingénierie et les nouveaux outils sur lesquels s’appuie un bâtiment intelligent, on peut par exemple citer l’un des derniers grands projets sur lequel ont travaillé les ingénieurs d’Assystem. Un bâtiment emblématique de la ville de Paris dans lequel ils ont installé 2500 automates, 3300 compteurs d’énergie ou encore 60 concentrateurs pour piloter 4000 bureaux répartis sur 38 étages et 50 ascenseurs.

En matière de sécurité, les ingénieurs d’Assystem s’affairent pour étendre la protection des sites de la RATP, dans le cadre de la lutte contre les intrusions, les actes de vandalisme et autres menaces. La protection concerne tant le matériel roulant que les infrastructures. La mission comprend les études et la réalisation du système central de supervision pour augmenter la capacité de supervision jusqu’à 100 sites. Elle vise aussi à définir, à fournir et à mettre en service des équipements de détection (détection d’intrusion, vidéosurveillance) pour des sites nouveaux et leur intégration dans le système.

Bien sûr, la complexité des projets exige également des ingénieurs qu’ils travaillent en osmose avec un grand nombre d’acteurs et qu’ils nouent des partenariats avec des sociétés portant des technologies de pointe. Citons par exemple GENETEC ou AXIS pour la fourniture de caméras intelligentes, ou Arc Informatique et Codra pour leurs logiciels de supervision.

Informatique industrielle et gestion de projet : deux compétences clés

Cette révolution du bâtiment intelligent est donc en route et dépoussière un secteur assez traditionnel. Elle invite notamment les ingénieurs à prendre en main de nouveaux outils. L’automatisme à mettre en place dans les bâtiments d’aujourd’hui et de demain est ainsi demandeur de compétences en informatique industrielle. Et qui dit multiplication des acteurs et systèmes de gestion centralisés dit savoir-faire en matière de direction de projets complexes.

Autant de compétences que peuvent faire valoir aujourd’hui les jeunes ingénieurs. Le fait d’arriver dans un secteur où tout est réinventé permet aux plus expérimentés de renouveler leur regard et leur appétence, mais aussi aux nouveaux arrivants de promouvoir leurs connaissances et leur créativité.

Sylvie Houliere Mayca
Publié par :
Sylvie Houliere Mayca
Senior Vice Présidente Assystem Connect

Assystem

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