06/11/2018

Mixité, les femmes dans l’ingénierie

La plupart des entreprises d’ingénierie souffrent d’un manque de mixité dans leurs effectifs. Qu’a donc fait ce secteur pour paraître aussi peu attractif aux yeux de la gente féminine ? Il faut croire que le poids de l’histoire pèse encore sur le monde de l’ingénierie. Un demi-siècle après l’ouverture aux femmes des concours des grandes écoles et la ratification de la loi relative à l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes, introduisant le principe « à travail égal, salaire égal », les choses changent, mais lentement. Heureusement que certaines femmes prennent le problème à bras le corps !

Pas question pour les femmes d’Assystem de rester les bras croisés. En 2010, une poignée de collaboratrices lancent le programme #INCREDIBLEWOMEN pour secouer le statu quo. Placé sous le thème de l’ambition (celles des femmes, mais aussi de l’entreprise et de la société), le programme vise à promouvoir les études scientifiques chez les étudiantes, à encourager le recrutement de davantage de femmes, et à favoriser leur épanouissement et leur évolution dans l’entreprise. Une révolution silencieuse pour réinstaurer les femmes dans le monde de l’ingénierie.

Rétablir l’équilibre hommes-femmes dans l’entreprise

Si les femmes n’ont plus besoin d’obtenir l’autorisation de leur mari pour travailler (sic), il n’en reste pas moins que certains domaines restent boudés par la gente féminine – ingénierie, bâtiment, informatique, défense… Chez Assystem par exemple, elles représentaient 17% des effectifs et 22% des recrutements en 2010. Cela peut paraître évident, mais l’une des causes directes de discrimination (quelle qu’elle soit) est l’aspect minoritaire d’un groupe.

Pour inverser la tendance, il n’y a qu’à recruter plus de femmes, me direz-vous. Dans la réalité c’est plus complexe que ça. Les candidates sont peu nombreuses dans ces filières dites
« d’hommes ». Et pour cause, à l’exception des écoles spécialisées en biologie ou sciences de la vie, les écoles d’ingénieurs accueillent à peine 20% de filles en moyenne. En fait, l’écart se creuse dès le collège. Par manque de modèles féminins embrassant des carrières scientifiques, ou du fait d’une image véhiculée trop masculine, les filles s’écartent peu à peu des matières techniques et scientifiques pendant leur scolarité. Moins de filles en filière S, ça veut dire moins de filles en écoles d’ingénieurs, et donc moins de femmes recrutées.

Fanny Foin, ingénieure mécanique au sein de l’équipe Innovation d’Assystem et membre du programme #INCREDIBLEWOMEN, témoigne : « Historiquement, l’ingénierie et surtout l’ingénierie mécanique, a toujours été un domaine très masculin. Je suis chanceuse d’appartenir à la génération qui bénéficie des premiers progrès en matière de mixité en entreprise. L’orientation des filles vers des études scientifiques et techniques est l’une des clés de progression pour l’avenir. Nous devons aider les filles à surmonter ce sentiment que l’ingénierie est seulement un domaine d’activité pour les hommes. C’est notre rôle en tant qu’ingénieures de faire passer ce message en allant à la rencontre de la jeune génération dans les lycées et les écoles. La sensibilisation très en amont est cruciale.»

Pour traiter le problème à sa source, des initiatives commencent à émerger. Par exemple, l’association « Elles bougent » (dont Assystem est partenaire) a pour objectif de sensibiliser les jeunes filles au collège et au lycée aux carrières scientifiques par le témoignage d’ingénieures en poste. Car pour se projeter, encore faut-il savoir en quoi consiste ce fameux métier d’ingénieur ! L’association organise aussi des rencontres de jeunes filles sur des salons professionnels. Pour aller plus loin, des ingénieures expérimentées d’Assystem parrainent de jeunes étudiantes en école d’ingénieur. Et ces actions commencent à payer : l’entreprise compte désormais 26% de femmes dans ses effectifs, et 30% dans ses recrutements. Sans être suffisants, ces chiffres sont encourageants !

Accompagner les femmes dans leur évolution professionnelle

Recruter des femmes, c’est bien, mais ce n’est que le début. Plafond de verre, inégalités salariales et autres discriminations pèsent sur la progression des femmes dans l’ingénierie, comme dans la majorité des entreprises – et pas seulement en Europe. Preuve en est la charte
« Women Empowerment principles » des Nations Unies (dont Assystem est signataire), qui est encore loin d’être appliquée partout :

Pour accompagner les femmes dans leur évolution professionnelle et leur prise de responsabilité, les entreprises se doivent de proposer du coaching personnalisé et des formations pour celles qui le souhaitent. Trop de femmes ont tendance à se mettre des barrières et se croire incapables d’occuper un poste à fortes responsabilités. Ainsi, les femmes candidatent à un poste que si elles pensent posséder au moins 90% des compétences requises, alors que les hommes postulent dès qu’ils pensent avoir 50% des compétences requises. Pour aider les collaboratrices d’Assystem à faire preuve de plus d’assertivité et à briguer elles aussi des responsabilités hiérarchiques, un coach extérieur intervient sur le thème de l’ambition lors de déjeuners « lunch & learn ».

Fanny Fouin confirme : « À l’horizon 2020, j’aspire à ce qu’il y ait une plus grande présence féminine dans les métiers d’ingénierie, et plus de femmes avec des rôles clés dans les conseils d’administrations et/ou à la tête de grandes entreprises. » L’objectif fixé par le programme : obtenir la parité entre le nombre de femmes dans les effectifs et dans le management d’ici 2020.

Pour s’attaquer au plafond de verre et rétablir une plus grande mixité, ce n’est pas que la mentalité des femmes qu’il faut faire évoluer. Toutes les personnes dans l’entreprise doivent être sensibilisées au sujet pour lutter contre les clichés, souvent ancrés plus profondément qu’on ne le croit, et prendre conscience des différences de traitement : parole coupée pendant les réunions, sujets portés par les femmes relégués à la fin de l’ordre du jour…

Une pour toutes et toutes pour une !

L’union fait la force. Si les femmes souhaitent rétablir leur position en entreprise, elles doivent se regrouper et s’entraider.  Première initiative historique du programme #INCREDIBLEWOMEN, son réseau fait toute sa force. Des rencontres sont organisées tous les mois pour échanger sur une problématique particulière au sein du groupe : la complémentarité femmes / hommes dans le domaine professionnel, l’impact du management par une femme, oser être audacieuse et dépasser la peur de l’échec, le management au féminin…

Lancé au départ en France, ce réseau s’étend peu à peu à l’international. Pour la direction, l’objectif est d’embarquer tous les pays, notamment ceux où les droits des femmes sont parfois limités (par exemple au Moyen-Orient). L’entreprise doit adapter son fonctionnement aux lois locales dans certains pays de la région, mais cette mixité est un symbole fort. Parmi cet effectif féminin, deux jeunes saoudiennes ont gagné l’année dernière un concours d’innovation lancé au sein du groupe, et se sont vu remettre leur prix à Paris. Elles ont imaginé une maquette numérique 3D, transformant la manière de travailler ensemble sur les grands chantiers.

D’un point de vue pragmatique, les entreprises d’ingénierie ont besoin des femmes, ne serait-ce que pour répondre à leurs besoins de recrutement. Dans un marché de l’emploi tendu où toutes les entreprises peinent à trouver des ressources, comment se passer de la moitié des talents ? Au-delà de ces contingences (un peu) cyniques, la question de la mixité dans les entreprises est fondamentale. Car la diversité amène richesse et innovation. Elle bénéficie à tous, tant au niveau individuel que sociétal.

 

 

Assystem
Publié par :
Assystem
Signé par Anne-Charlotte Dagorn & Julie Glaiesser, en charge du programme de mixité #INCREDIBLEWOMEN chez Assystem

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